Pourquoi les régimes ne fonctionnent-ils souvent pas ? Pourquoi est-ce si difficile de perdre du poids ?
Partant du principe que le corps ne change pas son fonctionnement par hasard, à quel stress répond une prise de poids ?
En quoi une prise de poids est-elle, pour notre système, une assurance vie ?
On parle souvent de « kilo émotionnel ». Les kilos peuvent être liés à des émotions, mais surtout à un fonctionnement biologique qui répond à ces émotions, et, par conséquent, aux besoins de la personne.
Finalement, la question est : pourquoi ou en quoi la prise de poids est-elle vitale pour la personne ?
Le rôle du tissu adipeux :
Le tissu adipeux est une réserve d’énergie. Par exemple, le chat, avant l’hiver, commence à beaucoup manger et prendre du poids parce que son corps sait qu’il va devoir faire des réserves, qu’il va devoir tenir, qu’il risque de manquer.
Notre corps, comme celui du chat, ne connaît pas, biologiquement, les supermarchés ou les livreurs de pizza. Il reste archaïque dans ses réponses face au stress de manquer et de mourir de faim.
Donc, si nous vivons quelque chose où intimement nous nous disons : « Mais je vais manquer, je vais avoir besoin de tenir, de résister », notre corps va activer la meilleure solution biologique : il va commencer à prendre du poids. Et peut avoir envie de manger de manière compulsive.
Il arrive que même en mangeant peu, on prend quand même du poids. Le corps se règle en mode « je dois faire des réserves, je dois tenir, je dois pouvoir résister ».
Le manque peut être réel ou anticipé, craint ou symbolique. Parfois, c’est un manque qui n’est pas lié à une véritable pénurie de nourriture, mais un manque affectif. On le retrouve typiquement chez les personnes qui ont vécu quelque chose ou qui craignent de vivre quelque chose de l’ordre de l’abandon.
L’abandon, ça veut dire que la personne va devoir se débrouiller toute seule, va devoir tenir toute seule, avec ses propres réserves. Et l’abandon, c’est comme tout ressenti, ce n’est pas la situation qui est déterminante, c’est comment la personne la vit. Si je vis quelque chose de l’ordre de « je me sens abandonné », je peux activer une prise de poids.
Le diabète suit le même principe. C’est du sucre qui s’accumule dans le sang, et qui permet de tenir rapidement grâce au carburant fournit aux muscles. La graisse permet de tenir dans la durée. Et d’ailleurs, quand quelqu’un développe un diabète de type 2 lié au surpoids, en perdant du poids, souvent le diabète disparaît aussi.
Mais le poids ne peut pas partir si le besoin auquel il répond n’est pas nourri autrement. C’est ce qui rend la perte de poids difficile. Et ça explique que les régimes souvent ne fonctionnent pas, ou fonctionnent pendant un moment et après, le système, le corps fait tout ce qu’il peut pour se rattraper. Car en réduisant ma consommation de nourriture, je réactive mon stress de manque et dès que j’arrête le régime, mon corps refait du stock, pour se préparer à la prochaine période de famine.
Donc, avant de vouloir perdre du poids, l’essentiel est de se poser la question : mais pourquoi ces kilos sont là ?
Les différents ressentis et leur signification :
Il n’y a pas que le manque et le fait de devoir tenir, un autre ressenti est celui de devoir prendre plus de place. Une place sociale. Il y a beaucoup de sociétés dans lesquelles les chefs ont une masse importante. Ils font vraiment le poids, c’est une marque sociale d’importance.
Alors, en cas de surpoids, en quoi est-il est vital de prendre ma place, de prendre plus de place ? Par exemple, des personnes prennent du poids ou perdent du poids en fonction de si elles sont ou non en couple, ou dans certaines relations.
La nourriture :
La qualité et la quantité de la nourriture jouent aussi un rôle dans la prise de poids. Selon ce que je mange, je vais prendre plus facilement du poids. Mais pourquoi mon corps est-il attiré par certaines nourritures ? Pourquoi suis-je attiré par de la mayonnaise, par exemple ? Pourquoi suis-je attiré par du sucre ?
Le corps ne choisit pas par hasard quelle nourriture il prend. Et bien sûr, chaque nourriture a aussi sa part symbolique. Quel est le symbole de cet aliment dans le vécu de la personne ?
Prenons l’exemple du sucre. Il apporte de la douceur, et peut symboliser l’affection.
Alors, si j’ai un besoin de prendre plus de place et que je manque d’affection, je peux privilégier l’ingestion de nourriture grasse et sucrée pour combler ces besoins. Je vais avoir de la douceur et je vais prendre davantage de place. Les besoins sont comblés momentanément.
La culpabilité:
La culpabilité est souvent présente avec les questions de poids. Il y a le poids dont le corps a besoin et le poids que l’on rêve d’avoir. Ces deux éléments sont malheureusement souvent incompatibles. Mais si je vois ma manière de m’alimenter et mon poids comme une réponse du corps à un stress vécu, la culpabilité n’a aucune raison d’être.
Est-ce que l’on culpabiliserait quelqu’un qui fait de la fièvre ? Ou qui développe une tendinite ? La prise du poids, c’est la même chose. Elle répond à un besoin, et c’est une stratégie du corps pour répondre à ce besoin. Donc, la personne, souvent, n’a pas vraiment le choix, selon son fonctionnement, selon son histoire de vie, selon sa lignée aussi. Il y a des familles où les personnes ont un poids important. Et dans ce cas-là, on recherche des vécus de l’ordre du manque. Ou l’on cherche qui, dans la lignée, a dû impérativement prendre plus de place. Ou dans quelle circonstance, la vie ou la mort se sont jouées en lien avec le manque de nourriture.
Nous avons vu :
- Le manque
Devoir tenir le coup
Prendre plus de place physique ou sociale
Il y a encore un point important :
- Le rôle d’isolant du tissu adipeux contre les agressions extérieures
Les mammifères marins, surtout ceux qui vivent aux pôles comme les phoques, comme les baleines, ont une couche de graisse très importante. Pourquoi ? Parce qu’elle isole du froid. Donc, le tissu adipeux est une excellente armure contre le froid.
Là encore, le froid peut être réel ou symbolique. Il peut s’agir de froid relationnel. Si je vis quelque chose où je ressens qu’il y a une relation qui est glaciale, mon corps peut réagir avec son programme biologique qui est : “Ok, il fait froid, il y a un froid qui me met en danger.” Donc, je dois produire davantage de tissu adipeux. Mais l’armure, l’isolant, peut être aussi contre des agressions physiques, comme des coups, des attouchements, mais aussi des agressions plus subtiles, comme des mots, des regards. Et d’ailleurs, dans ce cas de figure, la partie du corps qui prend du poids aide à nous renseigner sur l’agression dont le corps tente de se protéger.
Le sucre, est aussi un antigel. Un liquide dans lequel il y a beaucoup de particules, ça gèle moins facilement. Il y a des grenouilles qui développent physiologiquement un diabète pour résister quand il fait froid. Ça évite que leur sang ne gèle. Donc, la graisse et le sucre protègent du froid. Le sucre, c’est un carburant aussi, ça chauffe, ça permet de se réchauffer.
Si c’est le ventre, il faut faire du stock, mais aussi protéger ses organes vitaux.
Si ce sont les fesses ou les seins qui prennent du poids, qu’est-ce qui est vécu de l’ordre de l’abus par la personne ?
Si c’est le visage, symboliquement, cela reflète notre image. Donc, qu’est-ce qui se joue autour de l’image ? Si je prends du poids au niveau du visage ?
Donc, en quoi est-ce encore une fois une assurance vie pour la personne d’avoir une armure, un isolant à cet endroit ?
Souvent, c’est un fonctionnement qui verrouille la prise de poids. Pourquoi ? En raison du côté esthétique. Si je reçois des remarques parce que j’ai pris du poids, je vais me sentir agressé à cet endroit. Donc, c’est une raison de plus pour mettre une armure, pour isoler davantage cette partie du corps. Et c’est le serpent qui se mord la queue. Le poids engendre une prise de poids supplémentaire.
Comment, dès lors, apaiser ces jugements que l’on reçoit ou que l’on se fait à soi-même en regardant son corps ?
En résumé, le dénominateur commun, c’est celui de la valeur. Suis-je assez fort pour me protéger ? Pour prendre de la place, pour résister quand je vais manquer ?
Cette question d’être assez fort renvoie à un grand manque de sécurité. Il y a un danger, mortel qui est là, qui est réel, qui est vécu. Donc, avant de vouloir perdre du poids : qu’est-ce qui a besoin d’être sécurisé dans la vie de la personne ?
C’est la question fondamentale à se poser et sur laquelle travailler avant de se désécuriser en s’imposant un régime ou en se jugeant pour ce poids qui est là.
« Nous n’avons forcément le poids que nous aimerions avoir, mais nous avons forcément le poids dont nous avons besoin »
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