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Décodage du mutisme sélectif

Le mutisme sélectif est un trouble anxieux qui touche principalement les enfants ou les jeunes.

Il se caractérise par l’impossibilité de parler dans certaines situations, dans certains endroits ou en présence de certaines personnes, alors que la personne s’exprime normalement dans d’autres contextes ou situations.

Le mutisme n’est pas lié à une volonté de ne pas parler, mais à une réelle impossibilité biologique de s’exprimer à ce moment précis. Le psychisme étant saturé d’informations stressantes, celui-ci se bloque.

 

Les 3 réactions possibles face au danger

De manière générale, face à un stress, à un danger, nous réagissons de trois manières différentes, par :

  • L’attaque
  • La fuite
  • Faire le mort

Nous avons toutes et tous une tendance générale dominante quant à notre manière de réagir. On ne la choisit pas, dans un premier temps. C’est une réponse automatique à un stress, façonnée notamment par nos expériences précédentes, notre culture, notre éducation, notre constitution biologique.

Certains individus fonctionnent davantage par l’attaque lorsqu’ils sentent un danger. Ils vont parler fort, montrer des signes physiques d’agressivité, peut-être même aller jusqu’à l’affrontement.

Le but : faire reculer ou battre l’adversaire.

D’autres vont privilégier la fuite, car mieux vaut ne pas risquer un affrontement qui pourrait les mettre en péril.

Le but : la personne tente de sauver sa peau en prenant de la distance, en cherchant à se mettre à l’abri, en s’éloignant.

La troisième catégorie de personnes, ne trouvant pas d’issues ou de possibilités d’affronter ou de fuir, va se figer sur place. Rien n’est exprimé et les mouvements sont arrêtés.

Le but : en ne réagissant plus, l’agresseur ou le prédateur, va peut-être se désintéresser de sa proie. Ainsi, la personne aurait par sa non-réaction, une chance de survie.

 

Le mutisme sélectif : une manière de faire le mort

C’est à cette troisième catégorie de réponse au danger qu’appartiennent les personnes atteintes de mutisme sélectif.
Le fait que cela touche principalement des enfants ou des personnes jeunes revêt ici tout son sens. Un adulte possède généralement un pouvoir décisionnel plus important que l’enfant. Il peut alors réagir davantage par l’affrontement ou par la fuite quand la situation génère chez lui un stress important.

 

Prenons l’exemple d’un enfant souffrant de mutisme sélectif à l’école :

Le matin à la maison, l’enfant parle normalement avec ses parents et ses frères et sœurs. Une fois à l’école, les mots ne sortent plus de sa bouche.

Comme il s’agit d’un enfant, ses possibilités de réagir à ce qu’il juge dangereux peuvent être restreintes. L’école est obligatoire et l’enseignant.e détient l’autorité. L’enfant n’a d’issue ni dans l’affrontement ni dans la fuite. Il reste la troisième solution « faire le mort ».

Ici il est facile d’identifier que le danger se trouve dans l’école. Est-ce l’enseignant.e ? Les camarades de classe ? Quelque chose d’autre à l’école ?

Une fois le lieu, la personne, la situation précise identifiés, il s’agit de s’interroger sur « ce qui est effectivement perçu comme dangereux dans cette situation » ?

Généralement, il est question de performance, de perfection que la personne atteinte de mutisme se sent dans l’obligation d’atteindre. Cette perfection étant directement liée à la parole. La parole doit être impeccable. La réponse juste, parfaite. Et s’il est impossible de donner une réponse ou d’avoir une parole parfaite, se taire est la seule injonction envisageable. Le mutisme sélectif devient alors la meilleure solution trouvée par la biologie et le psychisme pour réduire le danger. Tant que je ne parle pas, il ne pourra rien m’être reproché comme imperfection.

Evidemment cette réaction est automatique et l’enfant ne la commande pas.

 

Que faire ?

Chez un enfant :

il est utile d’expliquer que ce mutisme est une réaction naturelle de son corps face au stress. Le déculpabiliser aura comme fonction de faire baisser l’intensité du conflit interne qu’il vit. Et plus l’enfant se sentira en sécurité et plus il pourra s’exprimer en sécurité.

Il convient ensuite de travailler avec l’enfant le pourquoi de son rapport à la parole parfaite, aux attentes de réussites. Se met-il la pression vraiment tout seul ?

Chez les parents :

Les enfants sont le reflet des attentes parentales. Ils portent malgré eux leurs réussites et leurs échecs.

« Tiens-toi bien, sois poli, ne réponds pas, tais-toi ! … »

« Bravo ! Que tu es doué.e ! Tu es le, la meilleur.e ! … »

A quel niveau se situent ces attentes des parents envers l’enfant ? Et sur l’image que celui-ci va renvoyer à la société par sa manière d’agir en public, en famille, à l’école ?

En faisant baisser la pression mise souvent de manière inconsciente, le parent aide l’enfant à pouvoir expérimenter, se tromper, recommencer. Il pourra ainsi accompagner son enfant sur le chemin de la découverte en quittant le chemin de la réussite à tout prix. Et laisser libre cours à une parole qui aide et non à une parole qui sanctionne.

 

Bibliographie :

Asbl Téligaté (2007). Dictionnaire des codes biologiques des maladies. Bruxelles

https://www.esantementale.ca/Ottawa-Carleton/Mutisme-selectif-chez-les-enfants-et-les-jeunes-Informations-aux-parents-et-aux-soignants/index.php?m=article&ID=8894

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